Le Maire de Dschang a fui le Cameroun
Condamné à six mois de prison ferme le 18 mars 2026 par le Tribunal correctionnel de Dschang, le maire Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou est porté disparu depuis le prononcé du verdict. À Dschang, l’affaire prend une tournure inattendue : tandis que ses deux collaborateurs sont déjà incarcérés, l’édile demeure introuvable, alimentant interrogations et spéculations.
Le Tribunal correctionnel de Dschang a rendu sa décision dans le litige opposant la société Saptrans SARL à des responsables communaux. Reconnu coupable, Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou écope de six mois de prison ferme. En raison de son âge, supérieur à 60 ans, il n’a toutefois pas été immédiatement incarcéré.
Mais depuis ce jugement, plus aucune trace de lui. Ni déclaration publique, ni communication officielle : le silence est total.Ses collaborateurs, Dongmo Louis Sabato et Atonlekeu Rodrigue, condamnés à deux mois de prison ferme chacun, purgent déjà leur peine.Au-delà des peines de prison, le tribunal a également statué sur les réparations financières. Les trois condamnés doivent verser 1 435 360 FCFA de frais de justice, ainsi que 28 595 000 FCFA de dommages et intérêts à Saptrans SARL.La Commune de Dschang a été déclarée civilement responsable, ce qui signifie que la charge pourrait revenir aux contribuables locaux, déjà préoccupés par l’impact budgétaire.Au Cameroun, la condamnation d’un maire reste exceptionnelle. Sa disparition immédiate après verdict l’est encore plus. Depuis le 18 mars, aucune autorité n’a officiellement communiqué sur la situation de Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou.
Dans la ville comme dans toute la région de l’Ouest, les questions se multiplient : qui assure actuellement la gestion de la commune ? Des recherches ont-elles été engagées pour retrouver le maire ? Et comment la municipalité fera-t-elle face à une dette de plusieurs dizaines de millions de FCFA ?
En attendant des réponses, le dossier reste enveloppé d’un épais mystère, renforçant le malaise autour de cette affaire qui ne cesse de rebondir.
Yahaya Idrissou

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