Téléphones au Cameroun : la Douane se digitalise et intensifie la lutte contre la fraude

 








À compter du 1er avril 2026, tout téléphone non enregistré auprès des services douaniers risque d’être privé d’accès aux réseaux mobiles. À Yaoundé, le Directeur général des Douanes, Edwin Fongod Nuvaga a présenté ce 31 mars, lors d’une  conférence de presse tenue à l’hôtel La Falaise, un dispositif électronique inédit destiné à moderniser la collecte des taxes, combattre les circuits frauduleux et renforcer la protection des usagers.








La Douane camerounaise amorce ainsi une transformation majeure. Les contrôles physiques aux frontières cèdent progressivement la place à un système de suivi numérique reposant sur l’identification des appareils via leur numéro IMEI. Cette innovation vise à corriger les insuffisances d’un mécanisme longtemps contourné par des importations irrégulières.


D’après le Directeur général des Douanes, cette réforme, inscrite dans la loi de finances 2018 et consolidée en 2023, n’introduit aucune nouvelle imposition. Les droits en vigueur, évalués à environ 33 %, demeurent inchangés, avec en prime une réduction de 50 % sur la base taxable durant une période de deux ans. L’objectif principal est d’élargir la base fiscale en intégrant les nombreux téléphones jusque-là non déclarés.


Grâce à la connexion entre les bases de données douanières et celles des opérateurs de téléphonie mobile, tout appareil dont l’IMEI n’est pas recensé sera automatiquement repéré, puis limité dans son utilisation, voire totalement bloqué.




Tolérance zéro pour les téléphones frauduleux et clonés




Les autorités ciblent particulièrement les appareils contrefaits, clonés ou introduits en dehors des circuits légaux. Le patron des Douanes a insisté sur l’ampleur du phénomène, évoquant une circulation importante de téléphones frauduleux. Le nouveau mécanisme permettra de détecter les duplications d’IMEI et de mieux réguler un marché longtemps fragilisé, tout en améliorant la qualité des communications.


Ce dispositif s’attaque également, de manière indirecte, aux réseaux d’escroquerie opérant via téléphonie mobile. En renforçant la traçabilité des appareils, il réduit significativement les possibilités d’anonymat.


Afin de prévenir toute contestation, les Douanes ont instauré une mesure transitoire, tous les téléphones déjà en activité sur le territoire camerounais avant le 1er avril 2026 sont réputés conformes. En revanche, les appareils présents mais jamais connectés devront être régularisés avant leur mise en service ou leur commercialisation.

Les visiteurs étrangers, quant à eux, disposent d’un délai d’un mois pour se mettre en conformité.


Désormais, la charge du dédouanement incombe aux importateurs. Les voyageurs devront également déclarer leurs téléphones à leur entrée sur le territoire. Du côté des consommateurs, une plateforme gratuite est mise à disposition pour vérifier rapidement le statut douanier d’un appareil avant son acquisition.


Yahaya Idrissou 




Une réforme ambitieuse sous condition d’adhésion


Au-delà de son aspect fiscal, ce dispositif se veut un instrument de modernisation, de transparence et de sécurisation du marché numérique. Toutefois, son succès dépendra largement de l’adhésion des populations et des acteurs du secteur.



Yahaya Idrissou

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