Crise ouverte à la Sonacam : des artistes contestent la légitimité d’Ateh Bazore à la veille de l’assemblée générale


Une vive tension secoue le milieu musical camerounais à l’approche de l’assemblée générale de la Société nationale camerounaise de l’art musical (Sonacam), prévue le 30 avril. Réunis en conférence de presse ce 27 avril, plusieurs artistes de renom, parmi lesquels Messi Ambroise, K-Tino, Afo Akom, Ama Pierrot, Charly Nelle et Maalhox, ont exprimé leur ferme opposition à la présidence actuelle de Ateh Bazore.


Au cœur de la contestation, la légitimité du président en exercice. Messi Ambroise affirme que le mandat d’Ateh Bazore est arrivé à expiration et que son maintien à la tête de la Sonacam relève désormais de l’illégalité. L’artiste dénonce également des manœuvres visant à influencer le processus électoral en vue de l’assemblée générale imminente. Il réclame notamment un toilettage du fichier électoral, qu’il juge biaisé et susceptible de fausser les résultats du scrutin.


Prenant la parole à son tour, Ama Pierrot a livré un témoignage empreint de regrets. Il affirme avoir joué un rôle déterminant dans l’accession d’Ateh Bazore à la tête de la Sonacam, avant de dénoncer un revirement brutal. Selon lui, le président actuel les aurait marginalisés et traités avec mépris. Ama Pierrot a également tenu à présenter ses excuses à Messi Ambroise et à l’ensemble des artistes, reconnaissant des tensions passées qu’il attribue à son soutien à Ateh Bazore.L



es accusations ne s’arrêtent pas là. Ama Pierrot soutient que le président contesté bénéficierait de l’appui du ministre des Arts et de la Culture. Une position partagée par Afo Akom et K-Tino, qui vont plus loin en accusant Ateh Bazore de détournement de fonds, sans toutefois fournir de preuves publiques lors de cette conférence.


Face à cette situation, les artistes frondeurs affirment avoir saisi les autorités compétentes afin de dénoncer ce qu’ils qualifient d’irrégularités graves dans la gestion et le fonctionnement de la Sonacam. Ils préviennent que si leurs revendications, notamment la révision du fichier électoral, ne sont pas prises en compte, ils se réservent le droit d’engager des actions plus fermes dans les prochains jours.

À quelques jours d’une échéance décisive, cette sortie médiatique met en lumière les profondes divisions qui traversent la Sonacam, dans un contexte où la transparence et la gouvernance de l’institution sont plus que jamais remises en question.

Yahaya Idrissou 

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