Prix littéraire Osù : Yaoundé devient le carrefour des plumes africaines













Le coup d’envoi de la 4ème édition du prix littéraire Osù a été donné le 21 avril à Institut Goethe de Yaoundé en présence de Son Excellence Anthony Minko Milame, Ambassadeur du Gabon au Cameroun,du secrétaire exécutif du CERDOTOLA, le Pr Charles Binam Bikoi, ainsi que de la directrice des Éditions Éclosion, promotrice de cet événement majeur.





Au-delà du cérémonial, cette édition marque une inflexion importante qui est de  replacer la littérature au cœur du débat social africain. Dans un contexte où les tensions sociales et les crises de valeurs se multiplient, le top management de ce prix littéraire a choisi de faire du livre un instrument de médiation, de réflexion et de transformation. Le slogan « communiquer par le livre » traduit cette ambition de redonner à l’écriture sa fonction première qui est d" éclairer, interroger et relier les consciences.affirme Christelle Noah.Cette vision s’inscrit dans une longue tradition intellectuelle africaine. L’écrivain nigérian Chinua Achebe rappelait à juste titre : « Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les récits de chasse glorifieront toujours le chasseur ». Une pensée qui résonne avec la volonté du prix Osù de faire émerger des voix africaines capables de raconter le continent de l’intérieur, avec ses complexités, ses douleurs mais aussi ses espoirs.

Même écho chez le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, pour qui « la culture est au début et à la fin de tout développement ». En mettant l’accent sur la littérature, le prix Osù ne célèbre pas seulement des œuvres, mais participe à la construction d’un imaginaire collectif africain, indispensable à tout projet de développement durable et endogène. «Autre innovation notable ,l’élargissement du prix à l’ensemble du continent. Longtemps réservé aux jeunes auteurs camerounais, le concours s’ouvre désormais aux plumes africaines. Cette année, des écrivains venus de Côte d’Ivoire, du Bénin et du Togo figurent parmi les lauréats» déclare Christelle Noah, confirmant la volonté de faire du prix Osù une plateforme panafricaine d’expression littéraire. Une dynamique qui favorise les échanges culturels, la circulation des idées et la reconnaissance des talents au-delà des frontières.

Le Gabon, premier pays invité d’honneur, incarne cette ouverture. Très engagé dans cette édition, il a mobilisé ses auteurs et ses institutions pour accompagner l’événement. L’ambassadeur Anthony Minko Milame a d’ailleurs salué une initiative qui « renforce les liens culturels et politiques » entre les deux nations, rappelant leur proximité historique et linguistique.

Sur le plan pratique, le prix littéraire Osù s’étend désormais sur trois jours d’activités riches et variées à l'instar des dédicaces, ateliers d’écriture, tables rondes et rencontres professionnelles. Après l’ouverture à l’Institut Goethe, les activités se poursuivront au quartier Fouda, avant un séminaire de haut niveau prévu au  Djeuga Palace, ce 22 avril . La cérémonie de clôture sera marquée par la remise des prix et l’annonce du prochain pays invité.Pour le Pr Charles Binam Bikoi, la littérature demeure un levier essentiel pour la préservation et la valorisation des traditions africaines. Il a salué l’engagement des jeunes écrivains, appelés à porter la mémoire et les aspirations du continent.

À travers cette édition ambitieuse, le prix littéraire Osù confirme son rôle de catalyseur culturel. Plus qu’un simple concours, il devient un espace de dialogue, de création et de transmission où le livre s’impose comme une arme pacifique au service de la conscience collective africaine. Dans un monde en quête de repères, la littérature apparaît plus que jamais comme une nécessité.


Yahaya Idrissou

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