Réforme constitutionnelle : Léon Theiller Onana alerte sur un “glissement de souveraineté”

 



Dans une sortie remarquée, Léon Theiller Onana, président du parti politique OMP, s’inquiète des implications de la récente réforme constitutionnelle, qu’il estime porteuse de risques pour le principe fondamental de la souveraineté populaire.

Pour illustrer son propos, l’homme politique recourt à une métaphore simple : celle d’une équipe de football. Selon lui, dans une démocratie, le peuple joue le rôle du public qui choisit son capitaine, en lui accordant sa confiance pour diriger. Mais la réforme en question introduirait un mécanisme où ce capitaine pourrait désigner lui-même son remplaçant, sans consultation populaire. Une logique qui, à terme, éloignerait le pouvoir du choix direct des citoyens.

Au cœur de son analyse, Léon Theiller Onana pointe une contradiction juridique. D’un côté, la Constitution maintient que le Président de la République est élu par le peuple et prête serment devant la Nation. De l’autre, elle permettrait à un Vice-Président, nommé par décret, d’accéder à la magistrature suprême et de prêter le même serment, sans avoir été élu.

Pour le président de l’OMP, cette disposition introduit une rupture dans le principe de légitimité démocratique. « Une personne qui n’a jamais été choisie par le peuple peut exercer pleinement la fonction suprême », déplore-t-il, évoquant une dérive où le pouvoir pourrait circuler sans passer par les urnes.

Léon Theiller Onana met également en garde contre ce qu’il qualifie de « chaîne de nomination ». Dans ce schéma, un Président élu nomme un Vice-Président qui, en cas de vacance du pouvoir, devient Chef de l’État. Ce dernier pourrait à son tour désigner un nouveau Vice-Président, ouvrant ainsi la voie à une succession de dirigeants non élus.

Une telle configuration, selon lui, affaiblit le rôle du peuple dans le processus démocratique, pourtant essentiel dans tout État de droit. Il rappelle qu’en principe, toute vacance définitive du pouvoir devrait conduire à l’organisation d’une élection, afin de redonner la parole aux citoyens.

Au-delà des aspects techniques, le leader politique insiste sur la nécessité de préserver la cohérence constitutionnelle. Une Constitution, souligne-t-il, doit rester fidèle à son essence : un contrat entre le peuple et ses dirigeants. Dès lors que l’accès au pouvoir peut se faire sans validation populaire, ce contrat se trouve fragilisé.

Tout en reconnaissant la nécessité d’institutions efficaces, Léon Theiller Onana appelle à ne pas sacrifier les principes démocratiques au nom de l’efficacité. Pour lui, le droit du peuple à choisir librement ses dirigeants demeure la pierre angulaire de toute démocratie.

Cette prise de position relance le débat sur les réformes institutionnelles et leurs implications sur la gouvernance, dans un contexte où la question de la légitimité politique reste au centre des préoccupations citoyennes.

Yahaya Idrissou 

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