Cameroon Urban League : le football urbain prend vie à Yaoundé

 











Le stade d’Etoudi à Yaoundé a vibré ce 16 mai au rythme du football urbain avec le lancement officiel de la première édition de la Cameroon Urban League. Bien plus qu’un simple tournoi de football amateur, cette nouvelle compétition se présente comme une véritable plateforme d’encadrement de la jeunesse, de promotion du vivre-ensemble et de détection des talents locaux. Portée par une vision ambitieuse, la Cameroon Urban League entend redéfinir l’image du football urbain au Cameroun tout en créant un espace d’expression pour une jeunesse souvent confrontée aux dérives sociales.


Durant plus d’un mois, du 16 mai au 20 juin 2026, dix équipes vont s’affronter dans un format dynamique de football à 7 contre 7, inspiré des grandes ligues urbaines internationales. Les rencontres, organisées sur terrains réduits, promettent intensité, spectacle et proximité avec le public, avant les demi-finales et la grande finale prévues le 20 juin prochain.


La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence des autorités administratives, sportives et municipales de l’arrondissement de Yaoundé 1er, venues témoigner leur soutien à une initiative jugée porteuse pour l’avenir de la jeunesse camerounaise.


Représentant le sous-préfet de Yaoundé 1er empêché, le délégué d’arrondissement des Sports et de l’Éducation physique a insisté sur le rôle fondamental du sport dans la société. Pour lui, la Cameroon Urban League arrive à un moment crucial, notamment en cette période de vacances où de nombreux jeunes peuvent facilement être exposés à des comportements à risque.


« Le sport est un vecteur social. Le sport amène une certaine cohésion. La pratique sportive possède énormément de vertus pour le corps humain et pour la société. Nous sommes là pour accompagner la jeunesse pendant cette période critique de vacances, parce que nous savons que certains jeunes peuvent malheureusement tomber dans des vices comme le banditisme, les braquages ou encore la consommation de stupéfiants », a-t-il déclaré.


L’autorité sportive a également précisé que l’accompagnement des pouvoirs publics ne se limitait pas aux formalités administratives. Selon lui, un suivi technique permanent sera assuré tout au long du championnat afin de garantir le bon déroulement des activités.


« Notre accompagnement consiste d’abord à délivrer les autorisations nécessaires, notamment l’autorisation technique de manifestation sportive ainsi que l’autorisation de manifestation publique accordée par le sous-préfet. Ensuite, il y aura un suivi technique assuré par les services de la délégation des Sports afin de veiller à ce que tout se déroule dans de très bonnes conditions », a-t-il ajouté.


Du côté de la mairie de Yaoundé 1er, le discours était tout aussi enthousiaste. Prenant la parole au nom de l’exécutif communal, Hadjia Hadidja Cherif, 4e adjointe au maire de Yaoundé 1er, a salué une initiative qui cadre parfaitement avec les objectifs de développement et d’encadrement de la jeunesse portés par la municipalité.


Pour l’élue municipale, le sport reste un puissant levier d’épanouissement personnel et collectif. Elle estime que cette compétition permettra aux jeunes de se détourner des fléaux sociaux tout en renforçant les liens entre les différentes communautés du pays.

« L’objectif principal du maire de la commune d’arrondissement de Yaoundé 1er est d’améliorer les conditions de vie des populations, notamment celles de la jeunesse. Nous sommes là pour les accompagner et les encadrer afin qu’ils puissent s’épanouir et éviter les fléaux qui minent notre société comme les stupéfiants et bien d’autres dérives. Le sport favorise le vivre-ensemble et l’unité nationale, car il réunit tous les fils et filles du Cameroun dans un même espace », a-t-elle expliqué.


Hadjia Hadidja Cherif voit également dans la Cameroon Urban League une activité symbolique, à la fois moderne et rassembleuse.


« Cette première édition symbolise l’engagement, l’innovation et surtout l’unité nationale », a-t-elle affirmé avec conviction.


L’adjointe au maire n’a pas manqué de féliciter la promotrice de l’événement, Laetitia Nsemba, dont elle a salué le professionnalisme et la capacité à porter un projet d’une telle envergure malgré son jeune âge.


« Le chef de l’État a parlé du septennat des jeunes et des femmes. Aujourd’hui, vous voyez ce que les femmes sont capables de réaliser. C’est une première édition, mais on a l’impression d’assister à une compétition déjà bien installée depuis plusieurs années. Cela prouve que les jeunes et les femmes sont capables, compétents et disciplinés pour réaliser de grandes choses », a-t-elle déclaré.


À l’origine de cette initiative, Laetitia Nsemba affiche une ambition claire : faire du football urbain un outil de transformation sociale et économique. Très émue au terme de la cérémonie d’ouverture, la présidente de la Cameroon Urban League a exprimé sa satisfaction face à la forte mobilisation observée dès le lancement.

« Je suis plus que satisfaite. Les autorités ont répondu présentes et c’était ma plus grande crainte au départ. On ne peut pas organiser une compétition de cette ampleur sans l’accompagnement des autorités administratives et municipales », a-t-elle confié.

Pour la promotrice, cette compétition va bien au-delà des simples résultats sportifs. Elle représente une opportunité pour des centaines de jeunes de croire en leurs rêves, de développer leur talent et de participer activement à la construction du pays.

Entièrement amateur et indépendante des championnats officiels, la Cameroon Urban League entend progressivement structurer le football urbain au Cameroun, créer des opportunités économiques autour du sport et bâtir une véritable marque capable de rayonner à l’échelle nationale et sous-régionale.


Avec son slogan « One Nation. One League », la compétition affiche une vision forte : utiliser le football comme un moteur d’unité nationale, de cohésion sociale et d’espoir pour la jeunesse camerounaise.


À travers cette première édition, la Cameroon Urban League pose ainsi les bases d’un projet ambitieux qui pourrait durablement transformer le paysage du football urbain au Cameroun et offrir une nouvelle vitrine aux talents issus des quartiers populaires.


Yahaya Idrissou

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