Dédicace de l’ouvrage « Vicky Edimo à voix basse » : une plongée intime dans l’univers du bassiste camerounais






Le mardi 12 mai 2026, une salle de l’immeuble de la CNPS à Yaoundé a servi de cadre à la cérémonie de dédicace de l’ouvrage « Vicky Edimo à voix basse » ainsi que du booklet photographique « Le paradis perdu de Vicky ». Organisé par les éditions Eclosion, l’événement a réuni un public varié composé d’amoureux de littérature, de musique et de culture venus échanger avec le célèbre bassiste camerounais Vicky Edimo et l’auteur de l’ouvrage Francis A. Sanzouango.


La rencontre, marquée par une forte charge émotionnelle après une longue absence de l’artiste du devant de la scène culturelle camerounaise, s’est déroulée dans une ambiance conviviale ponctuée par des échanges nourris entre les intervenants et le public. Modératrice de la cérémonie, Christelle Noah, directrice des éditions Eclosion, a salué la qualité littéraire de cette publication inscrite dans la collection « Source ».


À travers cet ouvrage de 87 pages, Francis Sanzouango propose un entretien autobiographique consacré à Vicky Edimo. Un exercice littéraire peu courant qui permet de dévoiler aussi bien le parcours artistique que les dimensions plus personnelles du musicien. L’auteur, décrit comme technocrate de la finance et passionné de guitare basse, a su établir une véritable complicité intellectuelle et artistique avec son interlocuteur.


Le livre revient sur les collaborations prestigieuses de Vicky Edimo avec plusieurs figures majeures de la musique internationale. L’artiste évoque notamment son passage dans le groupe Dikalo aux côtés d’Eko Roosevelt, ses collaborations avec les Gibson Brothers, ainsi que ses rencontres avec des icônes comme James Brown, Pino Daniele ou encore Nina Simone. Il rend également hommage à plusieurs figures emblématiques de la musique camerounaise parmi lesquelles Jean Dikoto Mandengue, Francis Bebey, Eboa Lotin et Manu Dibango.


Au fil des échanges, Vicky Edimo s’est livré avec simplicité et pudeur sur sa conception de la musique, qu’il considère avant tout comme une manière de raconter une histoire. Pour lui, la création artistique repose davantage sur le ressenti, l’émotion et la personnalité que sur la seule maîtrise technique. Il est également revenu sur les spécificités de la guitare basse, son instrument de prédilection, ainsi que sur les différentes techniques développées par les bassistes à travers le monde.


Le musicien a aussi évoqué son expérience de globe-trotter entre New York et la côte ouest américaine, son regard optimiste sur l’Afrique malgré les défis historiques du continent, ainsi que les difficultés auxquelles font face les créateurs au Cameroun. La spiritualité et la foi en Dieu occupent par ailleurs une place importante dans son discours, avec pour philosophie de vie le leitmotiv : « one day at a time », prendre les choses un jour à la fois.


La cérémonie a également permis de découvrir « Le paradis perdu de Vicky », un carnet photographique retraçant plusieurs étapes marquantes de l’enfance et de la vie de l’artiste entre Douala et Yaoundé. La postface signée J. Martin Bapeck dresse enfin le portrait d’un homme présenté comme « un homme d’hier et de demain », dont l’héritage artistique traversera le temps.


À l’issue de cette rencontre culturelle, de nombreux participants ont exprimé le souhait de voir paraître un second tome consacré à la vie et à l’œuvre de Vicky Edimo, cette fois « à voix haute ».


Yahaya Idrissou

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

MOCAQ : LE CAMEROUN LANCE LA BATAILLE DE LA QUALITÉ POUR SAUVER SON INDUSTRIE Le Cameroun veut faire de la qualité un véritable levier de développement économique. Face à la fragilisation progressive du tissu industriel national, marquée par la concurrence des importations massives, la fraude, la contrebande et la circulation de produits non conformes, le Mouvement Camerounais de la Qualité (MOCAQ) entend impulser une nouvelle dynamique de transformation économique et sociale. Après avoir connu une croissance soutenue d'environ 7 % entre 1960 et 1985, l'économie camerounaise a subi de plein fouet la crise économique de la fin des années 1980 ainsi que les effets de la libéralisation des années 1990. Cette période a favorisé l'entrée sur le marché national de nombreux produits importés, parfois de qualité douteuse, au détriment des entreprises locales. Les conséquences ont été lourdes : baisse de la productivité, fermeture d'unités industrielles, recul de la compétitivité et aggravation du déficit commercial. Selon les données évoquées par les promoteurs du mouvement, plus de 200 entreprises industrielles et de services, notamment des PME, ont disparu. Alors qu'elle était excédentaire jusqu'au début des années 2000, la balance commerciale du Cameroun affiche aujourd'hui un déficit chronique estimé à plus de 1 737 milliards de FCFA en 2024. Face à cette situation préoccupante, le 22 décembre 2025 marque un tournant avec la création officielle du Mouvement Camerounais de la Qualité. Son ambition est claire : promouvoir une véritable culture de la qualité dans tous les secteurs de la société afin de protéger les consommateurs, renforcer la compétitivité des entreprises et soutenir la croissance économique. Le mouvement affiche une vision ambitieuse : faire du Cameroun une locomotive de la qualité en Afrique centrale, portée par des entreprises et des institutions performantes, innovantes et créatrices de richesses durables. Sa devise est sans équivoque : « La Qualité, notre culture, notre avenir ». Son slogan, quant à lui, appelle à une mobilisation nationale : « Sauvons nos industries, protégeons nos enfants ». Pour les responsables du MOCAQ, l'urgence est réelle. Plusieurs secteurs stratégiques subissent aujourd'hui les effets d'importations à bas prix souvent accusées de ne pas respecter les standards de qualité. Dans l'agroalimentaire, les producteurs locaux de pâtes alimentaires sont confrontés à une concurrence étrangère agressive. Dans le bâtiment, l'utilisation de fer à béton non conforme est régulièrement pointée du doigt dans les effondrements d'immeubles. Le secteur des peintures fait également face à l'arrivée de produits contenant des taux élevés de plomb, présentant des risques importants pour la santé publique. Les difficultés touchent aussi les industries du plastique, les câbles électriques, les produits pharmaceutiques, les textiles, les équipements de télécommunications et même les infrastructures touristiques. À Douala, notamment dans les zones industrielles de Bonabéri et de Bassa, la fermeture de nombreuses usines a profondément modifié le paysage économique. Inspiré des modèles québécois, français et japonais de promotion de la qualité, le MOCAQ ne souhaite pas se substituer aux institutions publiques telles que l'ANOR ou les différents ministères sectoriels. Son objectif est plutôt de renforcer leur action à travers des partenariats stratégiques destinés à vulgariser les normes et à promouvoir la culture qualité auprès des entreprises et des citoyens. L'organisation prévoit de vastes campagnes de sensibilisation à travers le pays. Articles de presse, séminaires, formations, visites d'entreprises, conférences, campagnes dans les écoles, marchés et gares routières feront partie des outils mobilisés pour encourager les bonnes pratiques en matière de qualité, d'hygiène et de sécurité. Le mois de novembre sera consacré à la célébration de la qualité avec l'organisation de la Journée Internationale de la Qualité et le soutien à la Semaine Nationale de la Qualité. Le mouvement prévoit également la création de Clubs Qualité dans les entreprises, les universités et les établissements d'enseignement supérieur. Sur le plan industriel, le MOCAQ entend promouvoir des outils de management reconnus à l'échelle internationale tels que les méthodes 5S, Kaizen, Lean Management, Six Sigma ainsi que les normes ISO 9001, ISO 45001 et ISO 22000. Selon ses promoteurs, ces outils permettent de réduire les coûts, améliorer la productivité, renforcer la sécurité et accroître durablement la rentabilité des entreprises. Dans les universités et instituts privés d'enseignement supérieur, le mouvement souhaite introduire des modules de formation consacrés au management de la qualité et à l'assurance qualité afin de préparer les futurs diplômés aux exigences du marché international. Le président du MOCAQ, Martin Yankwa, expert reconnu dans les domaines de la normalisation et de la qualité, cite l'exemple du secteur de la minoterie pour illustrer l'impact positif des normes. Il rappelle qu'à la fin des années 1990, six entreprises du secteur étaient menacées de disparition en raison d'une concurrence basée sur l'importation de farines ne respectant pas certains standards internationaux. L'adoption et l'application de normes adaptées auraient permis de redynamiser la filière, qui compte aujourd'hui plusieurs entreprises performantes et exportatrices. Le mouvement entend également s'appuyer sur les mécanismes de notification de l'Organisation Mondiale du Commerce pour alerter régulièrement les consommateurs et les entreprises sur les produits interdits ou jugés dangereux dans certains pays, afin de renforcer la vigilance nationale. Dans un contexte marqué par les récentes alertes sanitaires internationales, notamment la suspension temporaire par l'Arabie Saoudite de certaines importations de produits avicoles en raison de foyers d'influenza aviaire, le MOCAQ recommande la consommation de produits locaux conformes aux normes sanitaires. À travers cette initiative, le Mouvement Camerounais de la Qualité ambitionne de contribuer à la relance industrielle, à la protection des emplois, à l'amélioration de la santé publique et au renforcement de la souveraineté économique du Cameroun. Pour ses promoteurs, l'heure est venue de faire de la qualité non plus une simple exigence technique, mais une véritable culture nationale capable de transformer durablement l'économie camerounaise. Yahaya Idrissou

Tensions à Yaoundé : la visite du pape au cœur d’un bras de fer institutionnel

Cameroun : CONGELCAM S.A. dénonce des pressions et alerte sur une possible pénurie de poisson