Le CHU mobilisé contre l’hypertension artérielle









À l’occasion de la Journée internationale de l’hypertension artérielle , le Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé a vibré au rythme d’une intense semaine de sensibilisation, de dépistage gratuit et d’échanges scientifiques autour de cette maladie devenue un enjeu majeur de santé publique au Cameroun. Point culminant des activités, ce 18 mai , l'organisation d'une journée scientifique organisée sous la coordination du Pr Nganou Nadège, chef du service de réadaptation cardiaque et des explorations fonctionnelles du CHU, saluée par le Directeur Général de l’institution hospitalière, le Pr Vincent de Paul Djientcheu.






Dans son allocution, le Directeur Général du CHU a adressé un message de félicitations appuyé au Pr Nganou et à l’ensemble de son équipe pour la qualité de l’organisation de cette campagne qui aura permis de rapprocher les services de santé des populations tout en sensibilisant sur les dangers de l’hypertension artérielle.

Le Pr Vincent de Paul Djientcheu a également insisté sur la nécessité de renforcer la prévention au sein même des structures hospitalières. Selon lui, chaque service hospitalier devrait désormais intégrer systématiquement des bilans de santé complets afin de détecter précocement les maladies non transmissibles, notamment l’hypertension artérielle et le diabète avant l’apparition des complications graves.

Au cours des exposés scientifiques, plusieurs experts ont dressé un constat alarmant sur la progression de l’hypertension artérielle au Cameroun. Le Dr Ateba a notamment rappelé que cette maladie est qualifiée de “tueur silencieux” en raison de son caractère asymptomatique. Pendant plusieurs années, de nombreux patients vivent avec une tension élevée sans ressentir le moindre signe apparent, jusqu’à la survenue brutale de complications parfois irréversibles.

Le Pr Nganou a souligné que l’hypertension artérielle ne touche plus uniquement les personnes âgées. De plus en plus de jeunes adultes camerounais sont aujourd’hui concernés par cette pathologie, une situation attribuée à l’évolution des modes de vie, au stress quotidien, à la sédentarité et aux mauvaises habitudes alimentaires.

Selon plusieurs rapports évoqués au cours des échanges, les hommes demeurent les plus exposés à l’hypertension artérielle au Cameroun. Toutefois, les femmes ménopausées présentent également un risque élevé, notamment celles ayant souffert de pré-éclampsie pendant la grossesse.

Les grandes métropoles comme Yaoundé, Douala ou encore Garoua affichent des prévalences particulièrement élevées, conséquence directe de l’urbanisation rapide et de la transformation des habitudes de vie des populations.


Les experts ont longuement insisté sur les principaux facteurs favorisant l’hypertension artérielle. Parmi eux figurent l’excès de sel dans l’alimentation, l’obésité, le manque d’activité physique, la consommation excessive d’alcool, le tabagisme, le stress chronique, le diabète ainsi que le manque de sommeil. D’autres facteurs dits non modifiables, comme l’âge et le sexe, augmentent également les risques de développer cette maladie.

Les chiffres communiqués au cours de cette campagne témoignent de l’ampleur du phénomène. Selon les données relayées par les spécialistes, près de 17 000 décès sont enregistrés chaque année au Cameroun à cause des complications liées à l’hypertension artérielle.

Le Pr Nganou Nadège a rappelé que l’hypertension artérielle demeure aujourd’hui la principale cause de morbi-mortalité cardiovasculaire en Afrique. Elle a expliqué que cette maladie constitue un véritable défi sanitaire pour les systèmes de santé africains en raison des nombreuses complications qu’elle entraîne notamment accidents vasculaires cérébraux, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale terminale ou encore décès prématurés.

Elle a également parlé de l'expérimentation de la télémédecine notamment dans des localités comme Mbouda et Akonolinga. Cette approche vise à permettre aux populations vivant dans ces zones d’accéder plus facilement au dépistage et au suivi médical.

Le Pr Nganou Nadège a également révélé qu’au cours de la campagne organisée au CHU, 500 personnes ont bénéficié gratuitement d’un dépistage. Parmi elles, près de 40 % ignoraient totalement qu’elles souffraient d’hypertension artérielle. Une statistique qui confirme l’urgence de multiplier les campagnes de sensibilisation et de dépistage précoce.

Pour les spécialistes, la prévention demeure aujourd’hui la meilleure arme contre cette maladie silencieuse. Ils recommandent aux Camerounais d’effectuer régulièrement des contrôles médicaux, d’adopter une alimentation saine, de réduire la consommation de sel et d’alcool, de pratiquer une activité physique régulière et de limiter les sources de stress.


Le Directeur Général du CHU a, quant à lui rappelé que les maladies non transmissibles représentent désormais un défi majeur pour le système de santé camerounais. Selon lui, les coûts engagés dans la prise en charge des complications graves comme la dialyse ou les AVC pourraient être considérablement réduits grâce à une meilleure politique de prévention.


Le Pr Vincent de Paul Djientcheu a ainsi réaffirmé l’engagement du CHU à ne plus attendre uniquement les patients à l’hôpital lorsque les complications surviennent. Désormais, l’établissement entend poursuivre les descentes de proximité et les campagnes communautaires afin d’aller directement vers les populations.

À travers cette semaine de sensibilisation et cette journée scientifique, le CHU de Yaoundé confirme ainsi sa volonté de jouer un rôle majeur dans la lutte contre l’hypertension artérielle au Cameroun tout en plaçant la prévention et le dépistage précoce au cœur de son action sanitaire.



Yahaya Idrissou

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