Annuaire statistique 2025 : Le secteur informel scandé








 Le Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) a publié la 15e édition de son Annuaire statistique 2025 ce 24 juin 2026. Le document met en lumière les avancées enregistrées par le tissu entrepreneurial camerounais et confirme le rôle central des PME dans la transformation économique du pays. La cérémonie a été présidée par le Ministre Achille Bassilekin 3.






L’année 2025 marque un tournant dans la dynamique entrepreneuriale du Cameroun. À mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), les indicateurs du MINPMEESA traduisent une progression encourageante du tissu productif national et une implication croissante de la jeunesse dans la création de richesse.

Selon les données de l’Annuaire statistique 2025, les jeunes de moins de 35 ans représentent désormais 42 % des promoteurs de PME créées au Cameroun, contre 36,4 % en 2019. Une évolution significative qui témoigne d’une appropriation de plus en plus forte de l’entrepreneuriat comme levier d’insertion économique et sociale.

Cette performance s’inscrit dans un contexte global de croissance du tissu économique formel. Au 31 décembre 2025, le Cameroun compte 569 208 unités productives formelles, composées à 99,9 % de PME, d’Organisations de l’Économie Sociale (OES) et d’Unités de Production Artisanale (UPA). Le stock des PME atteint à lui seul 472 208 unités, soit une progression de 6,5 % par rapport à 2024 et une hausse de plus de 64 % depuis 2019.


Malgré un contexte économique international marqué par les perturbations des chaînes logistiques, les tensions inflationnistes et les défis sécuritaires, les PME camerounaises ont démontré une remarquable capacité de résilience. En 2025, les Centres de Formalités de Création des Entreprises (CFCE) ont enregistré 16 845 nouvelles PME, confirmant le dynamisme entrepreneurial du pays.Pour le ministre des PMEESA, Achille Bassilekin III, ces chiffres révèlent trois tendances majeures. La première est l’essor remarquable de l’entrepreneuriat des jeunes, désormais au cœur du renouvellement du tissu économique national. La deuxième concerne la réorientation progressive des PME vers les activités de transformation et de production manufacturière, au détriment des secteurs traditionnellement dominés par le commerce et les services. Une évolution qui traduit une meilleure appropriation de la politique nationale d’import-substitution et de promotion de la production locale.


Cette orientation est visible dans la structure du tissu entrepreneurial. Le secteur secondaire représente désormais 20,8 % des PME, contre 14 % en 2023. Cette progression est portée par les mesures d’accompagnement déployées dans les filières prioritaires telles que l’agro-industrie, le coton-textile-confection-cuir et la transformation du bois.


La troisième dynamique mise en évidence concerne la contribution croissante du secteur informel à la création d’emplois et à la production de biens et services. Avec un stock estimé à 3,8 millions d’unités de production informelles, soit près de 87 % du tissu entrepreneurial national, ce secteur demeure le principal amortisseur social du pays. Les pouvoirs publics entendent désormais renforcer sa structuration afin de favoriser une migration progressive vers le secteur formel.


Les performances enregistrées en 2025 confortent également le rôle stratégique des PME dans la création d’emplois. Les unités de production formelles ont généré environ 1,22 million d’emplois, dont plus de 75 % proviennent des PMEESA. Les nouvelles PME, OES et UPA ont, à elles seules, déclaré près de 90 000 emplois prévisionnels supplémentaires, dont plus de 88 % issus des PME.


Cette dynamique est soutenue par plusieurs dispositifs d’accompagnement mis en place par le MINPMEESA et ses structures sous tutelle. En 2025, plus de 11 850 jeunes et femmes ont été sensibilisés à l’entrepreneuriat à travers la Semaine Mondiale de l’Entrepreneuriat au Cameroun. Près de 5 000 jeunes entrepreneurs du secteur informel ont également été accompagnés dans leur démarche de formalisation.


Parallèlement, la Banque Camerounaise des PME (BC-PME), la Bourse de Sous-traitance et de Partenariat du Cameroun (BSTP-CAM), l’Agence de Promotion des PME (APME) ainsi que la Pépinière Nationale Pilote d’Entreprises d’Edéa ont contribué à renforcer la compétitivité des entreprises, à améliorer leur accès au financement et à favoriser la création d’emplois durables.


Sur le plan économique, les PMEESA ont généré un chiffre d’affaires estimé à 5 618,9 milliards de FCFA en 2025, soit près de 26 % du chiffre d’affaires global des entreprises du pays. Malgré les contraintes économiques, cette performance représente une progression de 4,9 % par rapport à l’année précédente.


Au-delà des chiffres, l’Annuaire statistique 2025 met en lumière la résilience de l’économie camerounaise et confirme que les PME demeurent l’un des principaux moteurs de la croissance, de la transformation structurelle et de l’industrialisation du pays. Le document souligne néanmoins la nécessité d’accélérer la formalisation des activités, de renforcer l’accès au financement, de soutenir la montée en gamme des entreprises et de mieux valoriser les potentiels économiques régionaux.


À l’approche de la nouvelle phase de planification 2026-2028, le gouvernement entend intensifier son action en faveur des filières à forte valeur ajoutée, du développement des pôles économiques régionaux et de l’intégration des PME dans les chaînes de valeur locales. Une ambition claire : faire des PME un pilier incontournable de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2030.


Cette version adopte un ton plus journalistique et institutionnel, avec un angle centré sur la jeunesse, la transformation économique et les principaux enseignements de l’Annuaire statistique 2025.


Yahaya Idrissou

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