Protection de l’enfance : Yaoundé I signe un partenariat stratégique avec le CIRPES

 










La salle des conférences du rectorat de l’Université de Yaoundé I a accueilli le 1er juin 2026, la cérémonie de signature d’une convention de partenariat entre le recteur de l’institution, le Pr Rémy Magloire Etoua et le président-directeur général du Centre international de recherches pour la prévention des enfants soldats (CIRPES), le Dr Abdelkader Filali.





La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, parmi lesquelles l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Cameroun, Son Excellence Abdelkader Jamoussi, des responsables du CIRPES ainsi que des membres de la communauté universitaire de Yaoundé I.


À travers cette convention, l’Université de Yaoundé I devient la première université africaine à associer de manière structurée la recherche scientifique et le travail de terrain dans la lutte contre le recrutement et l’exploitation des enfants soldats. Ce partenariat vise à renforcer la production des connaissances, la sensibilisation et la recherche appliquée autour de cette problématique qui demeure une préoccupation majeure à l’échelle internationale.


Dans son allocution, le recteur, Pr Rémy Magloire Etoua a souligné l'importance de protéger les enfants afin de préserver l'avenir des sociétés.

« Lorsqu’un enfant porte un cartable, la société peut construire son avenir. Lorsqu’un enfant porte une arme, la société compromet son avenir », a-t-il déclaré.

Le recteur a insisté sur la nécessité d'une mobilisation collective impliquant universités, centres de recherche, pouvoirs publics et organisations de la société civile afin de prévenir le phénomène des enfants soldats. Il a également salué la présence des partenaires internationaux venus du Maroc, estimant que cette coopération témoigne d’un engagement commun en faveur de la paix et de la protection des droits de l’enfant.

Le responsable universitaire a rappelé que malgré les progrès du droit international et les efforts consentis par les États et les organisations spécialisées, de nombreux enfants continuent d’être enrôlés dans des conflits armés.« Derrière les statistiques et les rapports, il y a des visages. Derrière les chiffres, il y a des histoires. Derrière chaque enfant soldat, il y a une enfance interrompue, une famille meurtrie et une société fragilisée », a-t-il affirmé.Prenant également la parole, l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Cameroun, Abdelkader Jamoussi, a salué cette initiative qu’il considère comme une avancée significative dans la protection de l’enfance et la promotion de la paix. Le diplomate marocain a mis en avant l’importance de la coopération universitaire et scientifique pour apporter des réponses durables aux défis liés à l’exploitation des enfants dans les conflits armés. Il a par ailleurs souligné l’excellence des relations entre le Cameroun et le Maroc, estimant que ce partenariat illustre la capacité des institutions africaines à unir leurs expertises au service des causes humanitaires.

Pour sa part, le Dr Abdelkader Filali a présenté la philosophie du CIRPES, fondée sur une recherche scientifique proche des réalités du terrain.

« La connaissance ne s’archive pas. La connaissance est en mouvement », a-t-il expliqué.

Selon lui, les chercheurs doivent aller à la rencontre des communautés, observer les phénomènes sociaux et apprendre des réalités vécues par les populations concernées. Il a également salué la contribution des universitaires camerounais qui participent aux travaux du centre grâce à leur expertise académique et leur engagement humaniste.

Intervenant à son tour, le directeur du Bureau Afrique du CIRPES et enseignant au département d’histoire de l’Université Yaoundé I, a qualifié cette signature de « journée historique ». Il a expliqué que cette mission s’inscrit dans le cadre du Mois de l’enfant camerounais et de la Journée internationale de l’enfant africain.

Selon lui, le partenariat permettra de renforcer les recherches sur les mécanismes de recrutement des enfants soldats à travers le monde. Il a indiqué que l’Université de Yaoundé I devient désormais le premier établissement africain à accueillir les principes de la Déclaration de Rabat en matière de prévention du recrutement des enfants soldats.

Grâce à cette convention, l’université entend se positionner comme un véritable laboratoire d’expertise multidisciplinaire où psychologues, juristes, historiens, politologues et anthropologues croiseront leurs regards afin de proposer des solutions concrètes à cette problématique.

Le partenariat prévoit également des échanges d’experts, des programmes de recherche conjoints et la valorisation de l’expertise africaine à l’échelle internationale dans le domaine de la prévention du recrutement et de l’exploitation des enfants soldats.

Cette convention marque ainsi une étape importante dans la coopération entre le monde universitaire et les acteurs internationaux engagés dans la défense des droits de l’enfant. Elle conforte également le rôle de l’Université de Yaoundé I comme pôle africain de recherche et d’action en faveur de la paix, de la protection de l’enfance et du développement humain.


Yahaya Idrissou

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