SALON INTERNATIONAL DE L’AQUACULTURE DU CAMEROUN 2026 : LE GOUVERNEMENT ACCÉLÈRE SA STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT DU SECTEUR




Le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, le Dr Taïga, a présidé ce 2 juin 2026 la cérémonie d’ouverture du Salon international de l’aquaculture du Cameroun (SIAC 2026), un rendez-vous majeur dédié à la promotion des investissements et au développement de la filière aquacole nationale.





Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que le développement de l’aquaculture s’inscrit pleinement dans la politique de modernisation agro-pastorale et halieutique impulsée par le président de la République, Paul Biya. Cette vision vise notamment à réduire considérablement les importations de poisson et à améliorer la balance commerciale du pays.

Le Dr Taïga a cité un extrait du discours prononcé par le chef de l’État lors du Comice agropastoral d’Ebolowa en 2011, dans lequel celui-ci soulignait l’importance de la pêche maritime, de la pêche continentale et de la pisciculture dans l’alimentation des populations camerounaises. Le président de la République y appelait déjà à une meilleure exploitation des ressources halieutiques nationales afin de limiter les importations massives de poissons, notamment le maquereau.

Pour concrétiser cette orientation, plusieurs mesures institutionnelles, fiscales et douanières ont été mises en œuvre au cours des dernières années. Le ministre a notamment révélé que le gouvernement avait transféré 5 milliards de FCFA à la Banque camerounaise des petites et moyennes entreprises (BC-PME) en 2025 pour soutenir les acteurs du secteur. Pour l’année 2026, une enveloppe de 6,5 milliards de FCFA est prévue.


Au-delà de la BC-PME, d’autres mécanismes de financement ont été mobilisés. Le gouvernement a ainsi signé une convention avec la Commercial Bank-Cameroun (CBC), accompagnée d’un transfert de 6,3 milliards de FCFA destinés au fonds de préfinancement et de 1,5 milliard de FCFA au titre du fonds de garantie, conformément aux dispositions arrêtées par le Premier ministre.


Le ministre a également annoncé la signature récente d’un accord de coopération technique en matière de pêche et d’aquaculture entre le Cameroun et le Royaume du Maroc. Cet accord, conclu à Meknès, vise à renforcer les capacités techniques et à favoriser le partage d’expertise entre les deux pays.


L’un des temps forts de la cérémonie a été la signature d’une convention de partenariat entre le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales et le Port autonome de Kribi (PAK). Cet accord vise à mettre à disposition des investisseurs des espaces sécurisés et adaptés au développement de projets aquacoles de grande envergure.


Selon les responsables du PAK, cette collaboration permettra de faciliter l’accès aux infrastructures et aux services portuaires nécessaires à l’installation et au fonctionnement des industries aquacoles. Les promoteurs de projets sont ainsi invités à se rapprocher du Port autonome de Kribi afin d’explorer les opportunités offertes par ce nouveau cadre de coopération.


Le SIAC 2026 se veut une illustration concrète du partenariat public-privé que le gouvernement entend promouvoir pour accélérer la transformation du secteur. Pendant plusieurs jours, producteurs, investisseurs, chercheurs, institutions financières et partenaires techniques échangeront autour des enjeux liés à la production halieutique et à la sécurité alimentaire.


Parmi les exposants présents, Emmanuel, venu de la région du Nord, a plaidé pour une valorisation accrue de l’aquaculture dans les régions septentrionales du pays. Selon lui, le potentiel de cette activité demeure largement sous-exploité alors qu’elle pourrait contribuer à la création d’emplois et à l’amélioration des revenus des populations locales.

À travers cette édition 2026, les autorités camerounaises entendent faire de l’aquaculture un levier majeur de croissance économique, de création d’emplois et de réduction des importations de produits halieutiques.


Yahaya Idrissou

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