L'absence mise en vers avec Narcisse Mouelle Kombi

 





Il est des livres qui ne se contentent pas de raconter le monde. Ils l'interrogent, le bousculent et invitent le lecteur à un dialogue silencieux avec lui-même. C'est dans cette perspective que s'inscrit Rhapsodies sur l'absence, le neuvième recueil de poésie du Pr Narcisse Mouelle Kombi, officiellement présenté au public le 15 juillet 2026 lors d'une cérémonie de dédicace organisée au Djeuga Palace à Yaoundé. L'ouvrage est paru aux éditions Éclosion que dirige Christelle Noah.





Dans une salle où se côtoyaient membres du gouvernement, universitaires, écrivains, diplomates et amoureux des lettres, la littérature s'est imposée, le temps d'un après-midi, comme un espace de réflexion sur l'homme, son destin et les valeurs qui fondent la société.

Avec ses 55 poèmes, l'ouvrage se construit autour de deux grandes lignes de force , la poétisation de l'absence et la réhabilitation des valeurs éthiques et morales. L'auteur y développe une architecture symbolique où les fondations représentent les racines de l'être et les élévations traduisent l'aspiration de l'homme vers l'idéal. L'absence y devient une matière vivante, un langage et parfois même une présence silencieuse qui façonne la mémoire.

Pour le Pr Narcisse Mouelle Kombi, la poésie demeure un lieu où les émotions rencontrent la pensée. Les vers donnent à voir les fractures de la société camerounaise, les doutes de l'époque, mais également les espérances qui continuent d'habiter les consciences. À travers une écriture empreinte de sensibilité, l'auteur invite son lecteur à dépasser le tumulte du quotidien pour retrouver l'essentiel étant la dignité humaine, la solidarité et la fidélité aux valeurs.

Cette démarche rappelle la conviction du président-poète Léopold Sédar Senghor selon laquelle « la poésie est le chant de l'âme ». Une formule qui trouve ici tout son sens tant le livre Rhapsodies sur semble vouloir réconcilier l'intime et l'universel, la mémoire individuelle et le destin collectif.

L'œuvre s'inscrit également dans cette tradition de la littérature africaine qui fait de l'écriture un acte de conscience. Comme l'affirmait le romancier nigérian Chinua Achebe, « tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse glorifieront toujours le chasseur ». Sans être un ouvrage militant, Rhapsodies sur l'absence porte cette même volonté de donner une voix aux émotions, aux silences et aux vérités souvent invisibles.

Les interventions qui ont rythmé la cérémonie ont mis en lumière la portée de cette publication. Le président de l'Association des écrivains du Cameroun a salué la finesse de l'écriture et la maturité poétique de l'auteur. Quant au Pr Charles Binam Bikoï, il a qualifié l'ouvrage d'« ouvrage d'affirmation et de conscience des choses qui nous entourent », soulignant sa capacité à éveiller le regard du lecteur sur les réalités humaines et sociales.

L'esprit de Birago Diop semblait également planer sur cette rencontre littéraire. Dans son célèbre poème Souffles, le poète sénégalais écrivait : « Les morts ne sont pas morts. » Une pensée qui entre en résonance avec le titre même du recueil, où l'absence n'est jamais synonyme d'effacement, mais devient mémoire, héritage et permanence. Chez le Pr Mouelle Kombi, l'absence parle, interpelle et éclaire les chemins de l'espérance.

À travers cette neuvième publication, le ministre des Sports et de l'Éducation physique confirme une fois encore que son engagement dépasse le champ institutionnel. Homme de lettres autant qu'homme d'État, il poursuit une œuvre où la poésie devient un espace de dialogue entre les générations, un miroir tendu à la société et une invitation permanente à l'élévation de l'esprit.




Yahaya Idrissou

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