De repêchées à championnes d’Afrique : le fabuleux destin des Lionnes Indomptables

 









Il y a des victoires qui consacrent une génération. Et puis, il y a celles qui réécrivent une histoire. Le 16 août 2026, à Rabat, les Lionnes Indomptables ont réalisé les deux à la fois. Repêchées quelques mois plus tôt après avoir été éliminées sur le terrain, les Camerounaises ont finalement décroché le premier titre continental de leur histoire en dominant le Malawi 3-0 en finale de la CAN féminine Maroc 2026. 



Le scénario était presque inimaginable. Le Cameroun avait été battu par l’Algérie lors des éliminatoires et semblait avoir dit adieu à la compétition. Mais l’élargissement de la CAN féminine de 12 à 16 équipes a ouvert une seconde porte. La CAF a retenu les quatre meilleures sélections éliminées au dernier tour des qualifications selon le classement FIFA féminin : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Mali et l’Égypte. Classées respectivement 66e, 71e, 79e et 95e, elles ont ainsi été réintégrées dans la compétition. 


Le Cameroun est donc arrivé au Maroc avec le statut paradoxal d’une équipe qui n’avait pas gagné son billet sur le terrain, mais qui possédait encore quelque chose de précieux : une histoire, une expérience et une revanche à prendre.

Et la suite ressemble à un véritable conte sportif.

Dès la phase de groupes, les Lionnes ont affiché leurs ambitions. Elles ont commencé par battre le Mali 2-1 grâce à un doublé de Marie Gisèle Ngah Manga, avant de dominer le Ghana 1-0, toujours grâce à leur attaquante. Deux victoires qui leur ont rapidement permis de sécuriser la qualification pour les quarts de finale et la première place du groupe D.


Mais le véritable tournant de cette aventure intervient en quarts de finale. Face au Nigeria, champion d’Afrique en titre et véritable ogre du football féminin continental, les Camerounaises signent l’exploit. Un but suffit : 1-0. Les Super Falcons, dix fois championnes d’Afrique, sont éliminées. Le Cameroun, lui, gagne son billet pour le dernier carré et valide dans le même temps sa qualification pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil. 


Restait alors le Maroc, pays hôte, porté par tout un public et désireux de prolonger son propre rêve. Là encore, les Lionnes refusent de céder. Après un match fermé conclu sur un score nul, les Camerounaises remportent la séance de tirs au but 4-2. La gardienne Michaely Bihina devient l’une des héroïnes de cette soirée et propulse son équipe vers une quatrième finale continentale. 


Trois finales perdues — en 2004, 2014 et 2016 — semblaient encore peser sur les épaules du Cameroun. Cette fois, pourtant, l’histoire allait changer de camp.


Face au Malawi, révélation de cette édition et qualifié pour la première fois de son histoire en finale, les Lionnes ont frappé avec une efficacité redoutable. Marie Gisèle Ngah Manga ouvre la marque à la 20e minute. Naomi Ndjoah Eto double la mise quelques minutes plus tard, avant que Ngah Manga ne signe son doublé dans le temps additionnel de la première période. En seulement 45 minutes, le Cameroun avait quasiment écrit la fin de son histoire. 

La seconde période sera celle de la maîtrise. Le Malawi, porté notamment par les redoutables sœurs Chawinga, tente de réagir, mais la défense camerounaise tient bon. Le coup de sifflet final libère alors une joie longtemps contenue : 3-0, le Cameroun est champion d’Afrique.


Ce sacre dépasse largement le simple résultat d’une finale. Il raconte la résilience d’une équipe revenue de nulle part, la force d’un groupe qui a refusé de considérer le repêchage comme une faveur, mais comme une nouvelle chance de conquérir ce qui lui manquait depuis toujours.

Les Lionnes étaient revenues par la petite porte. Elles repartent du Maroc par la grande, avec un trophée historique dans les bras.


Yahaya Idrissou

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