Mamy Nyanga mise sur la banane plantain pour accompagner 5 000 jeunes d’ici à 2030

 










La sénatrice Françoise Puene, affectueusement appelée « Mamy Nyanga », poursuit son engagement en faveur de l’autonomisation économique des jeunes. Marraine de la promotion qui porte son nom à l’Institut supérieur HINTEL, elle a procédé à la remise de kits d’amorçage et d’équipements agricoles à 52 étudiants, pour une valeur globale estimée à 15 millions de FCFA ce 03 août.




Cette initiative marque le lancement d’un programme d’incubation consacré à la filière banane plantain. Après la cérémonie de remise, les bénéficiaires ont pris la direction de Kribi, où ils participeront à une formation pratique et à un accompagnement spécialisé durant sept jours.


La cérémonie a réuni plusieurs acteurs institutionnels et professionnels, parmi lesquels le président de la filière banane plantain du Cameroun, Tony Obam Bikoue, le représentant du ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, ainsi que des partenaires publics et privés.


Des équipements pour transformer les projets en activités génératrices de revenus


Les 52 étudiants ont reçu des équipements destinés à faciliter le lancement et le développement de leurs activités agricoles. Les kits comprennent notamment des tronçonneuses, des casques de protection, des pelles, des engrais et plusieurs autres matériels nécessaires à la mise en œuvre de leurs projets.


Au-delà de la remise des équipements, le programme prévoit un accompagnement technique visant à permettre aux jeunes de maîtriser les différentes étapes de la chaîne de valeur de la banane plantain, de la production à la commercialisation.


Pour Mamy Nyanga, l’objectif est de donner aux jeunes les moyens de bâtir leur avenir à travers des activités productives et durables.


« Le Cameroun est la terre promise »


Dans son intervention, la sénatrice Françoise Puene a invité les jeunes à croire en leur potentiel et à considérer l’agriculture comme un véritable secteur de création de richesse et d’emplois.


Selon elle, le Cameroun dispose d’importantes ressources capables de soutenir son développement économique. La modernisation de l’agriculture, le renforcement des infrastructures et la transformation locale des produits agricoles pourraient, à terme, créer davantage d’opportunités pour la jeunesse.


« Le Cameroun est la terre promise », a déclaré la sénatrice, convaincue que l’investissement dans les secteurs productifs peut contribuer à offrir des perspectives d’avenir aux jeunes sur le territoire national et à réduire les départs motivés par la recherche d’opportunités à l’étranger.


La marraine de la promotion a également dévoilé une ambition plus large : accompagner 5 000 jeunes à l’horizon 2030 grâce à ce programme d’incubation.


« Nous parlons aujourd’hui de 52 jeunes, mais notre ambition est d’en accompagner 5 000 à l’horizon 2030. Nous voulons sortir 5 000 familles de la précarité vers la prospérité », a-t-elle affirmé.


Pour Françoise Puene, l’avenir économique du pays dépend en grande partie de la capacité à mobiliser et à accompagner la jeunesse. Elle a appelé les élus locaux et les responsables communautaires à identifier les jeunes porteurs de projets et à les soutenir dans leurs initiatives.


Elle a rappelé que l’État ne peut plus, à lui seul, absorber l’ensemble des diplômés qui arrivent chaque année sur le marché de l’emploi. L’entrepreneuriat et l’agriculture doivent donc devenir des alternatives concrètes pour favoriser l’insertion professionnelle.


« Les jeunes peuvent faire de l’agriculture. Les jeunes peuvent investir dans la filière banane plantain et nous les accompagnerons sur toute la chaîne de valeur », a insisté Mamy Nyanga.


HINTEL veut former des diplômés capables de créer des entreprises


Prenant la parole au nom des bénéficiaires, Yemelon Raoul, étudiant en deuxième année d’agronomie à l’Institut supérieur HINTEL, a salué une approche pédagogique qu’il présente comme innovante.


Selon lui, l’établissement ne se limite pas à préparer les étudiants à l’obtention d’un diplôme. Il ambitionne également de leur donner les outils nécessaires pour créer et développer leurs propres entreprises.


Le programme prévoit notamment des réductions progressives des frais de scolarité en fonction de l’implication des étudiants dans leurs plantations. Il comprend aussi l’ouverture d’un compte bancaire dès la première année, une assurance étudiante, une affiliation à la Caisse nationale de prévoyance sociale, ainsi qu’un accompagnement à la création d’entreprise.


« À HINTEL, on ne nous prépare pas seulement à sortir avec un diplôme, mais avec une entreprise, un compte bancaire, une protection sociale et un capital d’amorçage », a déclaré le représentant des étudiants.


Au nom de ses camarades, il a exprimé sa gratitude à la sénatrice Françoise Puene pour la confiance accordée à cette promotion. Il a assuré que les bénéficiaires mettront tout en œuvre pour transformer cette opportunité en résultats concrets sur le terrain.


Le RENJECAM s’engage jusqu’à la commercialisation


Le coordonnateur national du Réseau national des jeunes entrepreneurs du Cameroun, Prince Fidèle Bontsebe, a salué une initiative qui, selon lui, va bien au-delà d’une simple distribution d’équipements.


« Vous ne faites pas que donner du matériel, vous donnez de l’espoir », a-t-il déclaré à l’endroit de la sénatrice Françoise Puene.


Il a appelé le ministère des Petites et Moyennes Entreprises à renforcer son soutien aux jeunes porteurs de projets, soulignant que les 52 bénéficiaires ne représentent qu’une partie des nombreux jeunes camerounais désireux de se lancer dans l’entrepreneuriat agricole.


Pour Prince Fidèle Bontsebe, la filière banane plantain figure parmi les secteurs agricoles les plus prometteurs du Cameroun. Il a encouragé les bénéficiaires à faire preuve de discipline, de rigueur, de travail et d’honnêteté, qu’il considère comme des valeurs essentielles à la réussite entrepreneuriale.


Le RENJECAM entend accompagner les jeunes au-delà de la phase de production. Cet encadrement portera notamment sur le renforcement des capacités, la recherche de financements, la mise en marché des produits et la sécurisation des débouchés grâce à des contrats d’achat pouvant être conclus avant même les récoltes.


À travers cette initiative, Mamy Nyanga et ses différents partenaires veulent faire de la filière banane plantain un véritable levier d’insertion professionnelle, d’autonomisation économique et de création de richesse pour la jeunesse camerounaise.


Le défi est désormais de transformer l’expérience de ces 52 étudiants en un modèle reproductible à grande échelle, avec l’ambition d’accompagner 5 000 jeunes et de faire émerger, à travers l’agriculture, des milliers d’entrepreneurs capables de contribuer durablement au développement du Cameroun.


Yahaya Idrissou

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