Peines alternatives : Tenue d'un colloque scientifique
Une conférence de presse organisée ce lundi 21 septembre 2026 à Yaoundé a permis de présenter les enjeux et les principales articulations du Colloque national consacré à l’effectivité des peines alternatives dans le droit pénal camerounais. La rencontre scientifique est prévue le 23 septembre au Palais des Congrès de Yaoundé.
Organisé dans le cadre du Projet d’appui à une gouvernance carcérale basée sur les droits humains au Cameroun (PAGOC), le colloque est porté conjointement par Avocats Sans Frontières France (ASF France), le Réseau Camerounais des Organisations des Droits de l’Homme (RECODH), le Research Institute for Development (RIDEV) et la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC).Placée sous le thème « De l’effectivité des peines alternatives en droit pénal camerounais : enjeux, défis et perspectives juridiques et pratiques », cette rencontre intervient dix ans après la réforme du Code pénal camerounais. Elle entend dresser un bilan de la mise en œuvre des mécanismes alternatifs à l’emprisonnement et dégager des pistes susceptibles de renforcer leur application.
Pour Me Dr Dacga Djatche Sandrine, représentante pays d’Avocats Sans Frontières France, l’initiative répond notamment aux défis posés par la surpopulation carcérale. Les travaux devraient ainsi permettre d’identifier les obstacles qui limitent le recours aux peines alternatives et de formuler des recommandations concrètes en faveur de leur effectivité.Au Cameroun, les travaux d’intérêt général et les sanctions-réparations constituent les principales peines alternatives à l’emprisonnement prévues par le dispositif pénal. Le colloque entend notamment réfléchir aux conditions nécessaires à leur opérationnalisation effective.
Une soixantaine de participants issus de différents secteurs de la chaîne pénale sont attendus. Magistrats, avocats, universitaires, chercheurs, experts du droit, représentants de la société civile et partenaires institutionnels prendront part aux échanges.Le programme prévoit une leçon inaugurale du Pr Zambo Zambo sur le thème « Peines alternatives et peines d’emprisonnement : le droit pénal camerounais à la croisée des chemins ». Les participants prendront également connaissance des résultats d’une étude de faisabilité consacrée aux peines alternatives au Cameroun, réalisée dans le cadre du projet PAGOC.
Les discussions scientifiques s’articuleront ensuite autour de quatre sessions. Elles porteront notamment sur le cadre normatif et institutionnel, les enjeux sociaux liés à l’incarcération et à ses alternatives, la réflexion autour d’un modèle camerounais des peines alternatives ainsi que les modalités pratiques de mise en œuvre des travaux d’intérêt général et des sanctions-réparations.
Selon le Pr Guimdo Dongmo, président du comité scientifique du colloque, huit contributions scientifiques ont été retenues pour alimenter les échanges. La préparation de cette rencontre a été assurée par un comité scientifique composé de douze spécialistes, placé sous la coprésidence du Pr Guimdo Dongmo Bernard-Raymond, vice-recteur de l’Université de Dschang, et du Pr James Mouangue Kobila, président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun.
Au-delà des échanges académiques, les organisateurs ambitionnent de faire de ce rendez-vous un espace de réflexion orienté vers des solutions concrètes, dans un contexte où la recherche d’alternatives à l’emprisonnement constitue un enjeu important de politique pénale et de gouvernance carcérale.
Le projet PAGOC bénéficie du financement de la Délégation de l’Union européenne au Cameroun, du Gouvernement australien à travers le Department of Foreign Affairs and Trade, ainsi que de la Confédération suisse par l’intermédiaire de la Direction du développement et de la coopération.
Yahaya Idrissou
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