Rentrée scolaire et universitaire : le Pr Souley Mane appelle à l’excellence

 




À l’occasion de la rentrée scolaire et universitaire 2026-2027, le Pr Souley Mane, Grand Imam de la mosquée d’Essos à Yaoundé, a consacré son grand sermon de ce vendredi 4 septembre à la question de l’éducation. Placée sous le thème « L’éducation, fondement de la foi, de la réussite et du développement de la Nation », cette prédication a été l’occasion d’interpeller élèves, étudiants, enseignants, parents et pouvoirs publics sur leur responsabilité dans la construction de l’avenir du Cameroun.



Pour le Pr Souley Mane, une rentrée scolaire ne saurait être réduite à une simple reprise des cours. Elle constitue un nouveau départ et une occasion de renouveler les engagements en faveur de la réussite scolaire et de la formation de la jeunesse. S’appuyant sur les enseignements de l’Islam, il a rappelé la place centrale accordée au savoir, notamment à travers le premier mot de la révélation faite au Prophète Muhammad : « Lis ».

Le Grand Imam d’Essos estime ainsi que la quête du savoir doit occuper une place essentielle dans la vie du croyant et, plus largement, dans le développement de la société. Il invite les jeunes à rechercher aussi bien les connaissances religieuses que les savoirs utiles à la collectivité. Médecins, ingénieurs, enseignants, chercheurs, informaticiens, agronomes, économistes ou encore techniciens sont, selon lui, indispensables pour relever les défis auxquels le Cameroun est confronté.

Aux élèves et étudiants, le Pr Souley Mane a formulé plusieurs recommandations. Il les encourage notamment à être assidus, à travailler avec régularité et à éviter de repousser leurs efforts à la veille des examens. Il les invite également à respecter leurs parents et leurs enseignants, à bien choisir leurs fréquentations et à se tenir éloignés de la drogue, de la violence, de la tricherie, de la corruption et du harcèlement.

Le religieux a également insisté sur l’utilisation responsable des réseaux sociaux, d’Internet et de la télévision. Pour lui, les nouvelles technologies doivent être utilisées comme des outils d’apprentissage et de développement plutôt que comme des sources de distraction susceptibles de compromettre les études.

Au-delà des résultats scolaires, le Pr Souley Mane invite les jeunes à avoir une véritable vision de leur avenir. « Quelle personne vais-je devenir ? », telle devrait être, selon lui, la question fondamentale que chaque élève et étudiant doit se poser. La jeunesse, considérée comme la relève de la Nation, doit donc se préparer dès aujourd’hui à assumer les responsabilités de demain.


Les enseignants également interpellés


Dans son sermon, le Grand Imam a accordé une place particulière aux enseignants et aux éducateurs. Il a salué la noblesse de leur mission, estimant que leur rôle ne se limite pas à transmettre des connaissances, mais consiste également à contribuer à la formation des consciences.

Il les a appelés à être des modèles pour leurs apprenants, à faire preuve de patience, de justice et d’équité et à bannir toute forme de discrimination. Le Pr Souley Mane estime qu’un enseignant doit pouvoir corriger sans humilier et encourager sans décourager. Il recommande également aux professionnels de l’éducation de renforcer régulièrement leurs compétences et de tirer profit des outils technologiques susceptibles d’améliorer la qualité de l’enseignement.


Les parents, premiers éducateurs


Le sermon a également mis en évidence la responsabilité des parents. Pour le Pr Souley Mane, l’éducation d’un enfant ne peut être entièrement confiée à l’établissement scolaire. La famille demeure le premier espace d’apprentissage et d’éducation.Les parents sont ainsi invités à accompagner leurs enfants sur les plans matériel, financier, moral, psychologique et spirituel. Le Grand Imam les encourage à dialoguer davantage avec leurs enfants, à identifier leurs difficultés, à créer un environnement favorable aux études et à les accompagner tout au long de l’année scolaire.Il a par ailleurs appelé les parents à ne pas considérer l’échec scolaire comme une fatalité. Un mauvais résultat à un examen ou à un concours ne devrait jamais conduire à des réactions extrêmes. L’enfant doit être soutenu, orienté et encouragé afin de pouvoir rebondir.


L’État appelé à renforcer ses investissements


Le Pr Souley Mane n’a pas manqué d’interpeller les pouvoirs publics sur les défis qui persistent dans le secteur éducatif. Tout en reconnaissant les efforts déjà consentis, il estime que davantage doit être fait pour garantir un système éducatif performant.


Parmi ses principales recommandations figurent l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants, la lutte contre la corruption en milieu éducatif, la prévention et l’éradication de la consommation de drogue dans les établissements scolaires et universitaires ainsi que la lutte contre toutes les formes de violence.


Le Grand Imam a également plaidé pour la fermeture des débits de boissons situés à proximité des établissements scolaires, qu’il considère comme des lieux susceptibles de favoriser certains comportements déviants chez les élèves.


Il appelle enfin à accroître les investissements dans les infrastructures scolaires, les bibliothèques, les laboratoires, les équipements numériques et sportifs, mais également dans la formation professionnelle, l’orientation scolaire et l’accompagnement des apprenants en difficulté.


Pour le Pr Souley Mane, l’éducation doit devenir une cause nationale. Parents, enseignants, pouvoirs publics, responsables religieux, collectivités territoriales, associations, médias et société civile doivent unir leurs efforts afin d’offrir à la jeunesse une formation de qualité.


À travers ce sermon de rentrée, le Grand Imam de la mosquée d’Essos rappelle ainsi que la réussite d’une Nation se construit dans ses salles de classe, ses amphithéâtres et ses familles. Former une jeunesse instruite, responsable, intègre et compétente demeure, selon lui, l’un des investissements les plus importants pour l’avenir du Cameroun.


Yahaya Idrissou

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

MOCAQ : LE CAMEROUN LANCE LA BATAILLE DE LA QUALITÉ POUR SAUVER SON INDUSTRIE Le Cameroun veut faire de la qualité un véritable levier de développement économique. Face à la fragilisation progressive du tissu industriel national, marquée par la concurrence des importations massives, la fraude, la contrebande et la circulation de produits non conformes, le Mouvement Camerounais de la Qualité (MOCAQ) entend impulser une nouvelle dynamique de transformation économique et sociale. Après avoir connu une croissance soutenue d'environ 7 % entre 1960 et 1985, l'économie camerounaise a subi de plein fouet la crise économique de la fin des années 1980 ainsi que les effets de la libéralisation des années 1990. Cette période a favorisé l'entrée sur le marché national de nombreux produits importés, parfois de qualité douteuse, au détriment des entreprises locales. Les conséquences ont été lourdes : baisse de la productivité, fermeture d'unités industrielles, recul de la compétitivité et aggravation du déficit commercial. Selon les données évoquées par les promoteurs du mouvement, plus de 200 entreprises industrielles et de services, notamment des PME, ont disparu. Alors qu'elle était excédentaire jusqu'au début des années 2000, la balance commerciale du Cameroun affiche aujourd'hui un déficit chronique estimé à plus de 1 737 milliards de FCFA en 2024. Face à cette situation préoccupante, le 22 décembre 2025 marque un tournant avec la création officielle du Mouvement Camerounais de la Qualité. Son ambition est claire : promouvoir une véritable culture de la qualité dans tous les secteurs de la société afin de protéger les consommateurs, renforcer la compétitivité des entreprises et soutenir la croissance économique. Le mouvement affiche une vision ambitieuse : faire du Cameroun une locomotive de la qualité en Afrique centrale, portée par des entreprises et des institutions performantes, innovantes et créatrices de richesses durables. Sa devise est sans équivoque : « La Qualité, notre culture, notre avenir ». Son slogan, quant à lui, appelle à une mobilisation nationale : « Sauvons nos industries, protégeons nos enfants ». Pour les responsables du MOCAQ, l'urgence est réelle. Plusieurs secteurs stratégiques subissent aujourd'hui les effets d'importations à bas prix souvent accusées de ne pas respecter les standards de qualité. Dans l'agroalimentaire, les producteurs locaux de pâtes alimentaires sont confrontés à une concurrence étrangère agressive. Dans le bâtiment, l'utilisation de fer à béton non conforme est régulièrement pointée du doigt dans les effondrements d'immeubles. Le secteur des peintures fait également face à l'arrivée de produits contenant des taux élevés de plomb, présentant des risques importants pour la santé publique. Les difficultés touchent aussi les industries du plastique, les câbles électriques, les produits pharmaceutiques, les textiles, les équipements de télécommunications et même les infrastructures touristiques. À Douala, notamment dans les zones industrielles de Bonabéri et de Bassa, la fermeture de nombreuses usines a profondément modifié le paysage économique. Inspiré des modèles québécois, français et japonais de promotion de la qualité, le MOCAQ ne souhaite pas se substituer aux institutions publiques telles que l'ANOR ou les différents ministères sectoriels. Son objectif est plutôt de renforcer leur action à travers des partenariats stratégiques destinés à vulgariser les normes et à promouvoir la culture qualité auprès des entreprises et des citoyens. L'organisation prévoit de vastes campagnes de sensibilisation à travers le pays. Articles de presse, séminaires, formations, visites d'entreprises, conférences, campagnes dans les écoles, marchés et gares routières feront partie des outils mobilisés pour encourager les bonnes pratiques en matière de qualité, d'hygiène et de sécurité. Le mois de novembre sera consacré à la célébration de la qualité avec l'organisation de la Journée Internationale de la Qualité et le soutien à la Semaine Nationale de la Qualité. Le mouvement prévoit également la création de Clubs Qualité dans les entreprises, les universités et les établissements d'enseignement supérieur. Sur le plan industriel, le MOCAQ entend promouvoir des outils de management reconnus à l'échelle internationale tels que les méthodes 5S, Kaizen, Lean Management, Six Sigma ainsi que les normes ISO 9001, ISO 45001 et ISO 22000. Selon ses promoteurs, ces outils permettent de réduire les coûts, améliorer la productivité, renforcer la sécurité et accroître durablement la rentabilité des entreprises. Dans les universités et instituts privés d'enseignement supérieur, le mouvement souhaite introduire des modules de formation consacrés au management de la qualité et à l'assurance qualité afin de préparer les futurs diplômés aux exigences du marché international. Le président du MOCAQ, Martin Yankwa, expert reconnu dans les domaines de la normalisation et de la qualité, cite l'exemple du secteur de la minoterie pour illustrer l'impact positif des normes. Il rappelle qu'à la fin des années 1990, six entreprises du secteur étaient menacées de disparition en raison d'une concurrence basée sur l'importation de farines ne respectant pas certains standards internationaux. L'adoption et l'application de normes adaptées auraient permis de redynamiser la filière, qui compte aujourd'hui plusieurs entreprises performantes et exportatrices. Le mouvement entend également s'appuyer sur les mécanismes de notification de l'Organisation Mondiale du Commerce pour alerter régulièrement les consommateurs et les entreprises sur les produits interdits ou jugés dangereux dans certains pays, afin de renforcer la vigilance nationale. Dans un contexte marqué par les récentes alertes sanitaires internationales, notamment la suspension temporaire par l'Arabie Saoudite de certaines importations de produits avicoles en raison de foyers d'influenza aviaire, le MOCAQ recommande la consommation de produits locaux conformes aux normes sanitaires. À travers cette initiative, le Mouvement Camerounais de la Qualité ambitionne de contribuer à la relance industrielle, à la protection des emplois, à l'amélioration de la santé publique et au renforcement de la souveraineté économique du Cameroun. Pour ses promoteurs, l'heure est venue de faire de la qualité non plus une simple exigence technique, mais une véritable culture nationale capable de transformer durablement l'économie camerounaise. Yahaya Idrissou

Tensions à Yaoundé : la visite du pape au cœur d’un bras de fer institutionnel

Cameroun : CONGELCAM S.A. dénonce des pressions et alerte sur une possible pénurie de poisson